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Donner du temps au temps : réguler son temps sur les écrans

Votre enfant occupe son temps entre différentes activités qui comportent des moments de jeux, d’apprentissages, de défoulement, etc. Les activités avec les écrans ne sont donc pas les seules à sa disposition. Établissez un équilibre entre les différentes occupations de votre enfant.

Cette activité propose d’apprendre à réguler son temps sur les outils mobiles avec des enfants de 3-6 ans.

Matériel

La tablette ou le smartphone avec une application « horloge ».

Étapes

Une activité qui nous plaît tend toujours à manger du temps. Toute sa vie confronté aux écrans, l’enfant doit pouvoir en développer un usage responsable, mesuré et discerné le plus tôt possible. Car il n’y a pas de durée d’usage idéale. Celle-ci dépend de ce que votre enfant fait de sa tablette et de l’équilibre avec ses autres activités (sport, dessin, jeux de sociétés, activités créatives etc.).

Étape 1

Commencez par expliquer à votre enfant que la tablette est un objet parmi d’autres, qu’une multitude d’activités différentes lui sont offertes et que celles-ci n’impliquent pas nécessairement des écrans. Son temps – tout comme celui des parents dont l’enfant imite les activités – ne doit pas être consacré uniquement à la tablette ou au téléphone mobile, quel que soit son usage.

Étape 2

Dès qu’il comprend la notion du temps, déterminez ensemble une durée d’usage qui vous semble adéquate et encouragez votre enfant à respecter la limite fixée. Remarquez toutefois que la limite en temps peut être un signal pour l’enfant qu’il est le moment pour lui d’arrêter son activité plutôt qu’une limite arbitraire trop restrictive et génératrice de frustration. Prévenez–le que son activité est bientôt terminée, ou qu’il peut mettre fin à son activité, mais pas en initier une autre. À cet effet, vous pouvez lui proposer d’utiliser un minuteur. La plupart des tablettes possède des applications de base qui font retentir une sonnerie une fois un temps écoulé (minuteur). Sinon, pour les durées les plus courtes, un minuteur de cuisine fera parfaitement l’affaire.

Étape 3

Privilégiez l’autorégulation. Comment ? En commençant une activité avec votre enfant sur une tablette ou un mobile, annoncez-lui chaque fois ce que vous allez faire ensemble et quand vous allez vous arrêter. Au fur et à mesure que votre enfant grandit, nous vous invitons à lui proposer de programmer son activité (exemple : « je fais ceci, et puis ça, et ensuite j’arrête, cela devrait me prendre autant de temps : … »).

Étape 4

Après chaque session sur la tablette, demandez-lui d’estimer le temps consacré à son activité. Efforcez-vous d’établir des comparaisons avec d’autres durées d’activités (un match de foot, le brossage des dents, la fonte de la crème glacée dans un bol…).

Exemple de situation
Joseph, 4 ans, vient de passer 15 minutes à jouer sur son application préférée. Le minuteur retentit, annonçant la fin de l’activité. Son papa lui dit : « c’est le moment d’arrêter, termine ta partie et tu me rendras ensuite le smartphone ».

Réflexion
Mais au fond, est-il accro ?

La question des limites de la durée d’utilisation est subjective. Par exemple, pour certaines activités que vous jugerez intéressantes comme le sport ou la lecture, vous aurez tendance à considérer que votre enfant n’y consacre pas trop de temps.

Mais l’usage de la tablette n’atteint pas ce niveau d’intérêt pour tous. Tout dépend de ce qu’on y fait. On évoque un peu trop vite la « cyberdépendance », un terme culpabilisant et assez effrayant pour le parent que vous êtes. Le terme utilisé et très répandu a le tort de jeter un certain nombre de pratiques chronophages dans un registre pathologique. Sans doute faudrait-il se contenter d’évoquer des usages excessifs dans la durée, voire problématiques. Quoiqu’il en soit, c’est à vous de fixer des limites (de durée, de moments…) et à en informer votre enfant, puis à savoir les faire observer et respecter autant que possible. Si l’enfant les respecte, il faut aussi songer à l’encourager à persévérer en ce sens.

Prenons conscience de notre fascination pour les écrans et de leur caractère chronophage. Il a toujours été difficile pour les jeunes enfants d’interrompre une activité plaisante. Il a également toujours été de la responsabilité des adultes de leur rappeler le principe de réalité. En s’intéressant aux activités de nos enfants avec un regard bienveillant, l’adulte aide à limiter le risque d’usages obsessionnels. En installant dès le départ un climat de confiance et une forme de médiation entre enfants et écrans, cela renforcera la légitimité de l’adulte et facilitera la discussion en cas de période plus complexe, comme à l’adolescence.

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